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La forêt et les Conservatoires d’espaces naturels

Depuis leur création, les Conservatoires d’espaces naturels ont centré leur action sur la préservation des milieux ouverts, des zones humides et sur l’articulation entre biodiversité et agriculture. Progressivement, cette dynamique s’est étendue aux milieux forestiers, dans une logique de sécurisation foncière sur le long terme, de préservation de la biodiversité et de restauration écologique. Aujourd’hui, les Conservatoires gèrent 90 000 ha de forêts (hors régions d’outre-mer).

Les Conservatoires considèrent que la forêt ne peut être pensée uniquement comme un espace de production ou d’usages, mais comme un écosystème vivant, dont le bon fonctionnement conditionne l’ensemble des services rendus à la société. S’ils reconnaissent pleinement le rôle multifonctionnel des forêts et la nécessité d’articuler dimensions sociale, économique et environnementale, ils rappellent que cette dernière constitue le socle indispensable des deux autres. Sans des écosystèmes forestiers fonctionnels, robustes et écologiquement préservés, ni la vitalité économique de la filière, ni les services rendus aux sociétés — qu’ils soient culturels, récréatifs ou territoriaux — ne peuvent durablement se maintenir.

Les Conservatoires défendent ainsi une approche qui replace la nature au cœur des décisions publiques, non comme une variable d’ajustement, mais comme la condition première de l’équilibre et de la pérennité des sphères économiques et sociales.

La biodiversité et le bon fonctionnement naturel des écosystèmes forestiers


Les Conservatoires s’attachent à maintenir les dynamiques naturelles, en particulier celles qui soutiennent la biodiversité. Ils portent une vigilance particulière aux forêts anciennes et matures, devenues rares, et aux composantes essentielles à la résilience écologique : sols forestiers, ripisylves, mares et tourbières intra-forestières. Ces éléments structurent le fonctionnement des forêts, régulent le cycle de l’eau et soutiennent la résilience écologique face aux changements climatiques et aux pressions anthropiques.

Le bon fonctionnement des écosystèmes repose sur la diversité des essences, des stades de végétation, la complexité structurale et la présence de bois morts et de dendromicrohabitats mais aussi de communautés animales fonctionnelles. Ces composantes constituent le socle de la résilience écologique et sont indispensables au maintien des espèces spécialisées et à la continuité des services écosystémiques.

Les Conservatoires privilégient des approches adaptées à chaque territoire, combinant prudence, suivi scientifique et interventions ciblées. Ils promeuvent des solutions fondées sur la nature, qui renforcent la fonctionnalité des forêts tout en respectant leurs processus naturels.

Une sylviculture durable, respectueuse de la biodiversité


Les Conservatoires plaident pour une gestion intégrative, conciliant production de bois et préservation des équilibres écologiques. Ils soutiennent des pratiques adaptées aux besoins sociétaux, tout en renforçant la robustesse des forêts face aux pressions climatiques et anthropiques.

Leur positionnement repose sur des principes clairs : réaliser des diagnostics préalables, favoriser la régénération naturelle et les essences autochtones, maintenir la diversité des essences et des stades de végétation, préserver la complexité structurale et les bois morts, protéger les sols forestiers et les milieux associés, garantir l’intégrité des massifs, respecter les cycles biologiques, les périodes de reproduction de la faune et les équilibres entre groupes trophiques.

Si les coupes rases peuvent être souvent justifiées comme une réponse aux dépérissements liés au changement climatique, elles suscitent des inquiétudes majeures, tant écologiques qu’économiques. Ces situations fragilisent les équilibres financiers des propriétaires comme des territoires et déstabilisent le marché du bois. Elles risquent de conduire à des impasses face au changement climatique et ne constituent pas une voie d’avenir. Les experts identifient la nécessité de diversifier les pratiques sylvicoles et de mieux intégrer les connaissances scientifiques dans les décisions politiques et de gestion forestière.

Dans un contexte de demande croissante en biomasse, les Conservatoires encouragent une utilisation sobre et hiérarchisée du bois, privilégiant les produits à longue durée de vie qui contribuent au stockage du carbone. Ils encouragent les démarches de labellisation à évoluer pour une meilleure prise en compte de la biodiversité et appellent à la juste rémunération des acteurs de la filière forêt-bois, en particulier les petites structures et les gestionnaires de terrain, dont le rôle est essentiel pour préserver la multifonctionnalité des forêts.

Pour aller plus loin


SYLVAE

Le programme Sylvae vise à préserver les forêts anciennes et matures, en les laissant évoluer naturellement, sans intervention sur la végétation.

Et … Actions !

Les Conservatoires mènent des actions de terrain pour mieux connaître, protéger, restaurer et gérer les milieux forestiers

Partenariats

La préservation des forêts repose sur une mobilisation collective des acteurs.

  • Contact
Léa Romain

Léa Romain

Chargée de mission Forêt

Tel : 07 83 77 86 37