Les Conservatoires considèrent que la préservation des forêts relève d’une responsabilité collective qui dépasse le cadre des seuls gestionnaires ou experts. La biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes forestiers nécessitent l’implication conjointe des citoyens, des propriétaires, des acteurs économiques et des décideurs publics.

Leur positionnement affirme que la nature constitue la condition première de l’équilibre et de la pérennité des usages et services rendus par les forêts. Les choix de gestion doivent s’intégrer sur un temps long afin de respecter les intérêts écologiques, sociaux et économiques, favoriser la co-construction des décisions et s’appuyer sur les connaissances scientifiques et l’observation de terrain.

Cette approche guide la réflexion sur les usages et les interventions, tout en reconnaissant les limites des écosystèmes et la nécessité de respecter leurs processus naturels. Elle encourage un dialogue constructif et la participation des acteurs locaux, dans une perspective d’adaptation continue face aux changements globaux.

Un travail en collectif avec les acteurs du monde forestier


Les Conservatoires d’espaces naturels sont des structures capables de créer du dialogue entre parties prenantes. La prise en compte de la biodiversité et de la multifonctionnalité des forêts nécessite un travail collaboratif, associant le maximum de parties prenantes de tous horizons. Les Conservatoires mettent à disposition leur compétence et connaissance en matière de biodiversité pour mieux la prendre en compte dans la gestion des écosystèmes forestiers.

Leur compétence en médiation peut être mise à profit lors de concertations au sein de ces différents cercles d’acteurs. Ils participent à des coalitions d’ONG, collaborent avec des fondations privées, et entretiennent des liens étroits avec les acteurs institutionnels, forestiers et associatifs (PNR, ONF, CNPF, Communes forestières, éducation nationale…). A ce titre, ils ont la volonté d’intégrer leurs parcelles Sylvae au réseau FRENE.

Ces partenariats, notamment dans le cadre de programmes comme Sylvae, permettent de :

  • Renforcer les moyens d’action
  • Assurer la continuité des projets
  • Développer des réponses adaptées aux enjeux actuels

Face au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, cette mobilisation collective est indispensable pour préserver des forêts vivantes, résilientes et durables.

Un ancrage territorial


Les actions en faveur des forêts reposent sur une dynamique collective portée par les Conservatoires et leurs partenaires.

Pour cela, ils s’appuient sur :

  • Une action inscrite dans la durée, grâce à la maîtrise foncière
  • Une présence sur l’ensemble du territoire, au plus près des enjeux locaux
  • Une capacité à adapter les actions aux spécificités de chaque forêt
  • Un travail en réseau, favorisant le partage d’expériences et une vision commune

Le réseau des Conservatoires d’espaces naturels s’affirme comme un acteur engagé des politiques publiques forestières, en renforçant sa présence dans les instances stratégiques nationales et en contribuant activement aux réflexions en cours. Il porte la voix de la biodiversité forestière au sein de groupes de travail majeurs et s’implique dans des dispositifs structurants comme le Plan national d’actions Vieux Bois et Forêts subnaturelles. Par ailleurs, il affirme ses positions à travers la signature de tribunes et contributions stratégiques sur des enjeux clés tels que la restauration de la nature, l’adaptation au changement climatique ou les politiques énergétiques.

Enfin, les CEN contribuent à plusieurs programmes nationaux et européens, favorisant le partage d’expériences, l’innovation et l’expérimentation (LIFE BIODIV’France, Natura 2000, FORADVISE). Cet engagement témoigne de leur rôle croissant dans la mise en œuvre opérationnelle des politiques forestières et de leur capacité à fédérer autour d’une gestion durable et vertueuse des forêts.