
Laisser à la forêt le temps nécessaire à son évolution naturelle : voilà l’ambition du projet Sylvae, réseau de vieilles forêts, porté par les Conservatoires d’espaces naturels.
Le projet Sylvae des Conservatoires d’espaces naturels vise à acquérir des parcelles forestières destinées à être laissées en libre évolution, dans un objectif de préservation à long terme.
Une fois acquises par les Conservatoires d’espaces naturels, ces forêts ne font l’objet d’aucune coupe ni intervention, afin de laisser les arbres suivre leur cycle biologique (croissance, maturité, vieillissement, mort et régénération) sur plusieurs siècles.
Les parcelles ciblées pour l’acquisition présentent des enjeux particuliers en matière de biodiversité. Elles se caractérisent systématiquement par leur ancienneté et, lorsque cela est possible, par un niveau de maturité élevé. Cette orientation est cohérente avec les objectifs du réseau Sylvae, qui vise à préserver les vieilles forêts françaises.
Ces acquisitions s’accompagnent de suivis à long terme pour améliorer les connaissances.
En complément et en parallèle du programme Sylvae, des Conservatoires d’espaces naturels peuvent conduire d’autres actions en faveur de la biodiversité en forêt (gestion durable de forêts, conseils aux propriétaires…).
L’animation nationale du programme Sylvae et plus largement le développement d’une stratégie des Conservatoires d’espaces naturels en faveur des forêts sont soutenues financièrement par la Fondation Anyama, la Fondation de France et le groupe BPCE.

Fiches sites emblématiques
Découvrez les sites forestiers suivis dans le cadre du programme Sylvae à travers nos fiches dédiées !
Retrouvez pour chaque forêt ses caractéristiques.

Forêt ancienne
Espace boisé qui a conservé sa vocation forestière depuis au moins le début du XIXe siècle (surface minimale occupée par la forêt pour une grande partie du territoire français). Cette ancienneté n’est pas relative à l’âge des arbres qui composent le peuplement forestier mais à la présence continue d’arbres.

Forêt mature
La maturité forestière correspond à un stade avancé de la dynamique naturelle des écosystèmes. Elle se caractérise notamment par la présence de très gros arbres, de nombreux dendromicrohabitats et d’une quantité importante de bois mort, favorables à une biodiversité riche et spécialisée.

Vieille forêt
Forêt ancienne qui présente des éléments notables de maturité.
Une « vieille forêt » est un espace boisé perturbé ou non par les activités humaines dans le passé, qui ne fait plus l’objet d’intervention depuis plusieurs dizaines à centaines d’années (Savoie J.-M., Thomas M., Cateau E., Gouix N. & Paccard P., 2021).

Ilot de sénescence
Petit peuplement forestier laissé en évolution libre sans intervention et conservé jusqu’à son terme physique, c’est-à-dire la chute des arbres suivie d’une régénération naturelle.
Si l’exploitation économique des forêts a toute sa vocation pour la création de matériaux durables et d’énergie, elle empêche le plus souvent le vieillissement naturel des arbres. En effet, elle raccourcit leur cycle biologique qui s’étend normalement sur des centaines d’années…
Il est donc important de conserver une partie des forêts en libre évolution pour :

Préserver la biodiversité forestière
Les forêts laissées en libre évolution se caractérisent par une accumulation de gros arbres sur pied et de bois morts résultante de la dynamique naturelle des écosystèmes.
Ce bois mort accueille une faune particulière et notamment les insectes saproxyliques qui en se nourrissant de ce bois mort participent au recyclage de la matière organique. En forêt, une espèce sur quatre est liée ou dépend du bois mort !
Les vieux arbres constituent également des sites de reproduction et d’abris pour de nombreuses espèces comme les pics, les micromammifères dont les chauves-souris…
Stocker du carbone et atténuer les effets du changement climatique
Plusieurs études scientifiques récentes ont en effet montré leur rôle important dans ce stockage, notamment à travers la biomasse du sol. La préservation des vieilles forêts contribue ainsi par exemple à atténuer les effets du changement climatique !


Garder des témoins du fonctionnement originel des forêts
Les forêts laissées en libre évolution représentent le modèle le plus pertinent pour améliorer la connaissance du fonctionnement des écosystèmes forestiers, notamment dans le cadre des changements climatiques actuels.
Sylvae en région
Les Conservatoires plaident pour une gestion intégrative, conciliant production de bois et préservation des équilibres écologiques. Ils soutiennent des pratiques adaptées aux besoins sociétaux, tout en renforçant la robustesse des forêts face aux pressions climatiques et anthropiques.
Leur positionnement repose sur des principes clairs : réaliser des diagnostics préalables, favoriser la régénération naturelle et les essences autochtones, maintenir la diversité des essences et des stades de végétation, préserver la complexité structurale et les bois morts, protéger les sols forestiers et les milieux associés, garantir l’intégrité des massifs, respecter les cycles biologiques, les périodes de reproduction de la faune et les équilibres entre groupes trophiques.

Si les coupes rases peuvent être souvent justifiées comme une réponse aux dépérissements liés au changement climatique, elles suscitent des inquiétudes majeures, tant écologiques qu’économiques. Ces situations fragilisent les équilibres financiers des propriétaires comme des territoires et déstabilisent le marché du bois. Elles risquent de conduire à des impasses face au changement climatique et ne constituent pas une voie d’avenir. Les experts identifient la nécessité de diversifier les pratiques sylvicoles et de mieux intégrer les connaissances scientifiques dans les décisions politiques et de gestion forestière.
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