Accueil Actualités Nouveauté La méthode carbone dédiée aux tourbières est officiellement lancée !

La méthode carbone dédiée aux tourbières est officiellement lancée !

La méthode « Restauration hydraulique des tourbières dégradées » développée par la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels avec le soutien de la Direction de l’eau et de la biodiversité du Ministère de la Transition écologique dans le cadre du dispositif « Label bas-carbone » est officiellement reconnue et lancée !

Restaurer les tourbières : un levier efficace

Les tourbières françaises, bien que ne couvrant que 0,3 % du territoire, stockent environ 188 millions de tonnes de carbone. À surface égale, elles en stockent près de 10 fois plus que les forêts.

Mais lorsque les tourbières sont dégradées, elles cessent d’être des puits de carbone et deviennent des sources majeures d’émissions : le carbone accumulé sur des millénaires est progressivement réémis dans l’atmosphère. À l’échelle mondiale, les tourbières dégradées émettent même plus de CO₂ que l’ensemble du trafic aérien !

En France, 58 % des tourbières sont en état de conservation défavorable, générant environ 1,3 Mt de CO₂ par an.

Face à ce constat, la restauration hydrologique constitue un levier d’action direct, éprouvé et efficace. De nombreux projets sont déjà mis en œuvre par les Conservatoires d’espaces naturels, notamment à travers des programmes comme LIFE Anthropofens ou les actions menées sur les Tourbières du Jura.

Une nouvelle étape : la méthode carbone dédiée aux tourbières

La sortie de cette méthode, portée par la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels, marque une avancée structurante : elle permet désormais de quantifier les gains d’émissions de gaz à effet de serre issus des travaux de restauration hydrologique, puis de les certifier en crédits carbone.

Ces crédits, intégrés dans le cadre du Label bas carbone, peuvent ensuite être mobilisés sur le marché volontaire afin de financer :

  • les travaux de restauration,
  • les changements de pratiques sur les sites,
  • et la pérennisation des actions dans le temps.

Des co-bénéfices pour la ressource en eau et la biodiversité

Au-delà des enjeux climatiques, la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels propose une méthode qui met en lumière les co-bénéfices majeurs de la restauration hydrologique des tourbières :

  • amélioration de la ressource en eau,
  • restauration des habitats et de la biodiversité,
  • renforcement de la résilience des écosystèmes.

Il n’existe pas d’opposition : les tourbières illustrent au contraire un triptyque indissociable entre les enjeux eau–carbone–biodiversité.

Le positionnement des Conservatoires d’espaces naturels dans l’élaboration de cette méthode est essentiel : un réseau dont le cœur de métier est la biodiversité démontre ici que la valorisation du carbone peut être un outil au service d’objectifs écologiques multiples, et non une finalité en soi.

À propos du Label bas-carbone

Créé par le ministère de la Transition écologique, le Label bas-carbone constitue le cadre de référence national pour certifier des projets volontaires de réduction ou de séquestration des émissions de gaz à effet de serre. Il garantit la transparence, la robustesse scientifique et la qualité environnementale des projets soutenus. Il permet ainsi de donner un cadre fiable aux initiatives climat portées par des acteurs publics ou privés, tout en assurant la traçabilité des réductions d’émissions générées. Ce dispositif contribue également à encourager le financement de projets concrets sur le territoire, favorisant la transition vers une économie plus bas carbone.

Une méthode qui va bien au-delà du carbone

Si la restauration hydrologique des tourbières permet de stopper des émissions et de générer des crédits carbone certifiés, elle produit simultanément des effets sur la ressource en eau, la biodiversité et la résilience des écosystèmes. C’est précisément ce que met en lumière cette méthode.

Les tourbières illustrent un triptyque indissociable : eau, carbone, biodiversité. Restaurer l’une de ces fonctions, c’est restaurer les trois.

C’est aussi le sens du positionnement des Conservatoires d’espaces naturels dans l’élaboration de cette méthode : un réseau dont le cœur de métier est la biodiversité démontre ici que la valorisation carbone peut être un outil au service d’objectifs écologiques multiples, et non une finalité en soi.


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