Publié le 25/11/2021

Compensation carbone

Changement climatique et crise de la biodiversité : 2 enjeux interdépendants

Nos modes de vie personnelle et nos activités professionnelles contribuent à produire des gaz à effet de serre (principalement du dioxyde de carbone). Si la réduction de nos émissions doit rester la priorité, une forme de compensation volontaire carbone est possible via le soutien financier à des programmes de protection & de restauration de milieux naturels qui jouent un rôle avéré de puits de carbone !

Préserver et restaurer certains espaces naturels tels les tourbières, les forêts ou les prairies naturelles favorise un stockage naturel du carbone atmosphérique dans les sols et dans la biomasse tout en ayant des effets positifs pour la biodiversité, pour l'eau et les paysages.

C’est le sens des solutions fondées sur la nature mises en avant par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature - UICN - qui apportent des réponses positives aux défis sociétaux de demain (climat, santé, alimentation, ressource en eau…) en valorisant les services rendus par les écosystèmes.

© David Greyo

L’engagement des entreprises et acteurs publics dans la lutte contre le changement climatique

Les entreprises et acteurs publics sont de plus en plus nombreux à engager des démarches d'évaluation et des plans de réduction de leurs émissions de Gaz à Effets de Serre (GES), incluant le CO2, au titre de leur Responsabilité Sociétale et Environnementale ou dans le cadre du dispositif « service public écoresponsable ».

La réduction des émissions de GES reste la priorité, mais la mise en place de solutions de compensation volontaire via la préservation et la restauration d’espaces naturels « puits de carbone » peut être une démarche complémentaire vertueuse.

Pour les particuliers, comment calculer son impact carbone ?

Les émissions carbone liées aux déplacement peuvent être estimées par certains calculateurs comme celui de MyClimate ou celui de Carbonfootprint ou via les transporteurs aériens et la SCNF qui fournissent directement ces indications.

Des calculateurs d’empreinte carbone disponibles sur Internet permettent d’intégrer dans le calcul l’ensemble des composantes au-delà des déplacements, telles que chauffage, alimentation, services…

Une compensation volontaire, hors « label bas carbone »

Le ministère de la transition écologique a mis en place un label spécifique, le Label Bas Carbone qui peut se décliner sur diverses thématiques. Aucune méthodologie spécifique consacrée à la protection ou la restauration des milieux naturels type tourbières ou vieilles forêts n'existe aujourd'hui au titre de ce label. C'est pourquoi le réseau des Conservatoires d'espaces naturels, en lien avec celui des Parcs naturels régionaux, a engagé un travail pour construire de telles méthodologies. En attendant l'aboutissement de ce travail, entreprises et particuliers peuvent néanmoins s’engager de manière volontaire auprès des Conservatoires d'espaces naturels.

Tourbière de la Grande Pile © Guillaume Doucet

Stocker Compenser sur des actions menées sur votre territoire

Les Conservatoires d'espaces naturels vous incitent à travailler d'abord sur la réduction de vos émissions de GES et vous proposent, en complément, des solutions de compensation carbone mise en place localement, basées sur la préservation et la restauration des milieux naturels et de la biodiversité sur les territoires. Ces actions apportent toutes les garanties dans le temps et au plan comptable et fiscal.

Des citoyens mobilisés, des associations et l'Office Français de la Biodiversité ont fait confiance aux Conservatoires d'espaces naturels en contribuant volontairement à des projets de protection très concrets. Vous pouvez également vous engager.

A quoi vont servir les montants versés ? A vous de décider !

En accord avec le Conservatoire d'espaces naturels de votre territoire, vous pouvez soutenir des actions menées sur les milieux naturels « puits de carbone » : 

  • le projet Sylvae, réseau de vieilles forêts des Conservatoires d'espaces naturels : contribuez à la préservation durable des dernières vieilles forêts de France. Les vieilles forêts ont stocké et captent encore du carbone via les troncs, branches et racines, mais l'essentiel des quantités du carbone stocké se trouve dans les sols forestiers non perturbés. En préservant par l'achat ces parcelles de vieilles forêts, les Conservatoires d'espaces naturels garantissent le maintien des stocks constitués au fil des années mais aussi une biodiversité extraordinaire.

Canopée hêtraie © CEN Auvergne
 

  • le réseau des vergers conservatoires : soutenez la plantation d'arbres fruitiers et la préservation des variétés fruitières anciennes au sein des vergers de haute tige que met en place régulièrement le Conservtoire d'espaces naturels avec les acteurs locaux. Le développement de ces fruitiers de plein vent au sein de "prés vergers" contribue à la captation et au stockage du carbone tant dans la biomasse que dans les sols, mais aussi à la qualité des paysages auvergnats.

Verger conservatoire - cerisiers et poiriers en fleurs © CEN Auvergne
 

  • la préservation et la restauration des tourbières : ces zones humides fascinantes sont les championnes du stockage du carbone (jusqu'à 1 400 tonnes de carbone/ha). Les tourbières dégradées (en cours d'assèchement) sont à l'origine de fuites importantes de carbone dans l'atmosphère lors de la minéralisation de la tourbe. Restaurer ces tourbières dégradées représente un triple enjeu climatique, biodiversité mais aussi pour la ressource en eau.

Nous vous invitons à contacter le Conservatoire d'espaces naturels de votre territoire pour en parler directement !

Les garanties apportées par les Conservatoires d'espaces naturels

Associations à but non lucratif agréé par l’Etat et la Région au titre de l’article L414-11 du code de l’environnement, les Conservatoires d'espaces naturels apportent toutes les garanties dans la gestion des fonds financiers attribués, et notamment des dons, et dans la mise en œuvre de leurs projets. Ils ont adhéré à la charte des Conservatoires d'espaces naturels intégrant des engagements éthiques.

Garantie scientifique

  • Les parcelles acquises font l'objet d'une validation par leurs Conseils scientifiques. Elles correspondent aux priorités stratégiques en terme de milieux naturels, espèces ou enjeux de fonctionnalités des sites définies en cohérence et complémentarité avec les stratégies européennes, nationales et régionales pour la biodiversité.



Scheuchzeria palustris © CEN Franche-Comté

Garantie d’inaliénabilité (achats de terrain)

  • Une clause d’inaliénabilité relative est inscrite dans les statuts des Conservatoires d'espaces naturels conduisant à une interdiction de revente des terrains.
  • Généralement, seul le transfert des terrains vers la future fondation reconnue d'utilité publique des Conservatoires d'espaces naturels en cours de création est possible pour une protection encore plus durable.

Garantie financière et comptable

  • Une traçabilité complète des fonds récoltés est mise en place au sein de la comptabilité des Conservatoires d'espaces naturels.
  • L'ensemble des opérations et des processus est contrôlé par le commissaire aux comptes et l’assemblée générale annuelle des Conservatoires d'espaces naturels.
  • Une identification spécifique des acquisitions de terrain est réalisée dans le bilan des Conservatoires d'espaces naturels (actif et passif) permettant un suivi et une transparence.
  • Les Conservatoires d'espaces naturels portent une attention particulière au respect des prix du marché foncier et refuse les démarches spéculatives.